Compléments alimentaires : comment faire un choix sûr ?
Pour le bien-être de notre corps et de notre esprit, nous avons volontiers recours aux compléments de vitamines, minéraux et plantes. Mais comment choisir ces compléments alimentaires judicieusement ? Où peut-on les acheter en toute sécurité ? Internet et les réseaux sociaux sont-ils fiables ? Nous avons posé la question à une experte en compléments alimentaires.
Les Belges ne sont pas les plus grands consommateurs de compléments alimentaires en Europe. Pourtant, ils alimentent un marché estimé à plus de 500 millions d'euros ! Heureusement, depuis 1990, ce marché est encadré par une fédération professionnelle reconnue qui représente plus de 160 entreprises du secteur (fournisseurs de matières premières, fabricants, grossistes, laboratoires, etc.). Son nom : Be-sup1. La fédération agit comme interlocuteur auprès des autorités belges et européennes afin de protéger les consommateurs.
Valérie Vercammen est la directrice générale de Be-sup. Elle nous donne de précieux conseils pour profiter pleinement, et surtout en toute sécurité, des bienfaits des compléments alimentaires.
- Gélules, ampoules ou gouttes ? Vitamines, minéraux ou plantes ? Le choix des compléments est immense ! Mais qu'est-ce que sont réellement les compléments alimentaires ?
Valérie Vercammen : Leur définition découle de textes législatifs. Selon le SPF Santé publique2, un complément est une denrée alimentaire disponible en petites doses. Il s'agit d'un complément à l'alimentation, mais qui ne remplace pas cette alimentation. Ces produits contiennent généralement des vitamines, des minéraux, des plantes ou d'autres substances (carnitine, co-enzyme Q10, …) qui ont un effet nutritionnel ou physiologique. Mais ils n'ont pas d'effet thérapeutique. Cela est réservé aux médicaments. Certaines études attribuent aux compléments un effet préventif. Mais cela n'est pas encore officiellement reconnu. Be-sup souhaite ouvrir ce débat.
Sur les réseaux sociaux, certains influenceurs prêtent aux compléments alimentaires des avantages qui ne sont pas prouvés scientifiquement
– On trouve évidemment les compléments alimentaires en pharmacie. Mais où peut-on en acheter d'autres ? Peut-on faire confiance à l'offre sur Internet ?
V.V. : En 2023, les consommateurs en Belgique ont acheté 64,5 % de leurs compléments alimentaires en pharmacie et 15,7 % en ligne. Mais je ne sais pas si cela fait une grande différence. Sur ces ventes en ligne, 80 % passaient par des pharmacies en ligne reconnues. Ces boutiques en ligne vous fournissent, avec votre complément, une notice contenant de nombreux conseils et avertissements, notamment concernant les allergies ou pour les femmes enceintes ou allaitantes. Sur les réseaux sociaux, restez toutefois critique vis-à-vis de certains influenceurs. Certains nuisent au secteur en diffusant de fausses informations. C'est ainsi que circulent des allégations de santé qui ne sont pas étayées scientifiquement. Be-sup travaille d'ailleurs à une charte que les influenceurs devront respecter. Nous voulons ainsi protéger le consommateur.
– Les informations sur l'emballage des compléments alimentaires sont importantes. En plus des ingrédients, de la valeur nutritionnelle et de la date de péremption, à quoi faut-il faire attention pour savoir si un complément est sûr ?
V.V. : Vérifiez surtout si le complément alimentaire a reçu un numéro de notification en Belgique. Vous le reconnaîtrez aux lettres NUT. Cela signifie que le complément a été approuvé par le ministère de la Santé publique. Il est sûr et possède une composition valable. Le code national (CNK), quant à lui, prouve que votre complément alimentaire est destiné à la vente en pharmacie.
Autre conseil en or : consultez votre médecin avant de commencer à utiliser des compléments. Il peut faire un bilan pour détecter certaines carences, afin que vous sachiez exactement ce dont vous avez besoin. Votre pharmacien ou votre médecin peut garantir votre sécurité dans le choix des compléments alimentaires. Cela permet également d'éviter les réactions allergiques ou les interactions avec des médicaments. Le 11 janvier 2024, un arrêté royal a mis en place un nouveau système : la nutrivigilance. Il oblige les fabricants et les distributeurs à signaler tout effet indésirable constaté (maux de tête, réaction cutanée, etc.). Les professionnels de la santé et les consommateurs peuvent également signaler des problèmes avec des compléments alimentaires via ce canal3.
Valérie Vercammen, directrice générale de Be-sup.